Les effets du radon sur la santé : risques et prévention nécessaires
Le radon est un gaz dont on parle encore trop peu, mais qui a pourtant un impact majeur sur la santé publique au Québec et ailleurs au Canada. Invisible, inodore et impossible à détecter sans équipement, il peut s’accumuler non seulement dans les maisons, mais aussi dans d’autres bâtiments résidentiels ou publics, où il représente un risque pour la santé des occupants. Il peut s’accumuler dans les maisons et provoquer, à long terme, des problèmes graves, notamment le cancer du poumon.
Voici un article clair et complet pour comprendre ce gaz, ses risques et les mesures essentielles pour protéger votre famille.
Introduction au radon
Le radon est un gaz radioactif naturel qui provient de la décomposition de l’uranium dans la roche et à la surface du sol. La source principale de radon est la croûte terrestre. Il est présent partout, mais devient dangereux lorsqu’il s’accumule dans les habitations.
Il peut entrer dans une maison par :
les fissures ou autres ouvertures dans la fondation ou le plancher,
les ouvertures dans les murs ou la dalle de béton,
les espaces autour des tuyaux,
les drains ou siphons de sol,
les vides sanitaires.
Le radon peut traverser la fondation, le plancher et d’autres ouvertures structurelles, ce qui facilite son infiltration dans le bâtiment.
Le radon s’accumule dans l’air intérieur des bâtiments, et la concentration de radon dans l’air intérieur (radon dans l’air, radon dans l’air intérieur) est un facteur clé de risque pour la santé.
Comme il est invisible, inodore et sans goût, il passe complètement inaperçu. Sa concentration varie selon plusieurs facteurs : le type de sol, la ventilation, l’étanchéité du bâtiment, la présence de roche riche en uranium sous la surface, et même la région dans laquelle vous vivez. La présence de radon dans l’air intérieur peut aussi varier selon les espaces et d’autres parties du bâtiment.
C’est pourquoi mesurer la concentration de radon dans sa maison est la seule façon fiable d’évaluer les risques pour votre santé.
Le radon dans votre maison
Dans la plupart des cas, le radon s’infiltre par le sous-sol ou les zones basses de la maison, là où la pression intérieure aspire l’air du sol. Les sous-sols, vides sanitaires et pièces mal ventilées présentent souvent les niveaux les plus élevés, mais d’autres espaces ou d’autres étages du bâtiment peuvent également être concernés.
Plusieurs éléments peuvent influencer la concentration de radon :
la ventilation de la maison,
l’isolation,
le type de construction,
la présence de fissures ou de joints non étanches.
Même une maison neuve, parfaitement isolée, peut avoir un niveau élevé de radon si elle repose sur un sol riche en uranium.
Pour une mesure représentative, il est recommandé de placer un détecteur dans les espaces régulièrement occupés, par exemple une salle familiale au sous-sol ou une chambre du rez-de-chaussée. La concentration de radon peut varier d’un espace à l’autre dans un même bâtiment, il est donc pertinent de tester plusieurs endroits.
Le résultat du test permet ensuite d’identifier les sources possibles et de déterminer les solutions nécessaires.
Comprendre les concentrations de radon
La concentration de radon se mesure en becquerels par mètre cube (Bq/m³). Au Canada, la directive de Santé Canada fixe la limite acceptable à 200 Bq/m³.
Voici ce que cela signifie :
Moins de 200 Bq/m³ : concentration jugée acceptable, mais plus bas, c’est toujours mieux.
Plus de 200 Bq/m³ : il est fortement recommandé de prendre des mesures pour réduire la concentration.
Plus de 600 Bq/m³ : intervention nécessaire dans les 6 mois, selon Santé Canada.
Le risque pour la santé augmente en cas de concentration élevée de radon, notamment en ce qui concerne le cancer du poumon et d’autres maladies respiratoires.
Le radon peut varier d’une saison à l’autre. Au cours de l’hiver, lorsque les maisons sont plus fermées, les concentrations ont tendance à augmenter. D’où l’importance de mesurer sur une longue période, idéalement entre 3 et 12 mois.
L’exposition au radon : un risque sérieux pour la santé
L’exposition au radon représente un risque pour la santé important, surtout lorsqu’on respire des concentrations élevées pendant plusieurs années. Au Canada, environ 16 % des décès par cancer du poumon sont attribuables à l’exposition au radon, ce qui représente plus de 3 000 décès chaque année, dont plusieurs centaines au Québec.
Le principal effet : le cancer du poumon
Le radon est la première cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs au Canada.
Lorsque le radon se désintègre dans les poumons, il émet de petites particules radioactives qui endommagent les tissus pulmonaires. Avec le temps, ces dommages peuvent entraîner des mutations et mener au cancer.
Le risque augmente en fonction de :
la concentration de radon,
la durée d’exposition,
le tabagisme.
Un fumeur exposé au radon est beaucoup plus à risque, car les effets du tabac et du radon se combinent et multiplient les dommages.
Autres effets possibles
Même si le radon n’entraîne pas de symptômes immédiats, une exposition prolongée peut contribuer à :
une diminution de la fonction respiratoire,
une irritation chronique des voies pulmonaires,
une vulnérabilité accrue aux infections respiratoires.
Mais le vrai danger reste la progression silencieuse du cancer du poumon, qui peut apparaître des années après le début de l’exposition.
Unités de mesure : Bq/m³ et pCi/L
Au Canada, on utilise le Becquerel par mètre cube (Bq/m³) pour mesurer le radon.
Aux États-Unis, la mesure se fait en picocuries par litre (pCi/L).
Pour s’y retrouver :
1 pCi/L = 37 Bq/m³
4 pCi/L ≈ 148 Bq/m³, ce qui correspond à la recommandation américaine d’intervention.
Comprendre les unités est essentiel pour interpréter les résultats, surtout si l’on compare des données provenant de différentes sources.
Le radon dans l’air intérieur : pourquoi c’est un problème
Le radon, lorsqu’il s’accumule dans l’air intérieur, devient un problème de santé publique majeur. À l’instar d’autres dangers de l’air intérieur comme le monoxyde de carbone, il est essentiel de connaître et de gérer les risques liés au radon pour préserver la santé des occupants. Le radon provient de la surface du sol, où il s’échappe de la croûte terrestre avant de s’infiltrer dans l’air intérieur des bâtiments.
Il peut s’accumuler :
dans les pièces mal ventilées,
dans les espaces clos,
dans les maisons étanches ou très isolées,
en hiver, lorsque les fenêtres restent fermées.
Plus la ventilation est faible, plus le radon a tendance à s’accumuler. C’est pourquoi les sous-sols sont souvent les zones où l’on retrouve les concentrations les plus élevées.
Une fois inhalé, le radon se fixe dans les poumons où il peut provoquer des dommages progressifs et irréversibles.
Ligne directrice : seuils officiels et recommandations
Au Canada, la ligne directrice officielle de Santé Canada fixe la concentration maximale de radon dans l’air intérieur à 200 becquerels par mètre cube (Bq/m³) pour les habitations. Ce seuil a été établi pour limiter les risques pour la santé, car le radon est un gaz radioactif naturel qui, à des concentrations élevées, augmente considérablement le risque de cancer du poumon, en particulier chez les non-fumeurs.
Il est important de comprendre que la présence de radon varie énormément d’une maison à l’autre, même au sein d’une même région. Cette variabilité s’explique par la quantité d’uranium dans le sol, la nature des sols et sous-sols, la construction des maisons, la présence de fissures dans les murs ou les fondations, et l’efficacité de la ventilation. Ainsi, deux maisons voisines peuvent présenter des concentrations de radon très différentes.
Santé Canada recommande de mesurer la concentration de radon dans chaque maison, car seul un test permet de connaître le niveau réel d’exposition. Si la concentration dépasse la ligne directrice de 200 Bq/m³, il est essentiel d’agir rapidement pour réduire ce niveau. Les mesures à envisager incluent la réparation des fissures dans les murs et les fondations, l’amélioration de la ventilation, ou encore l’installation d’un système de dépressurisation sous le sol, qui s’avère très efficace pour diminuer la concentration de radon dans l’air intérieur.
Le radon est la première cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs au Canada, et la deuxième cause après le tabac. L’exposition à des concentrations élevées de radon dans l’air intérieur constitue donc un enjeu majeur de santé publique. Suivre la ligne directrice de Santé Canada et prendre les mesures recommandées permet de réduire significativement le risque de cancer du poumon lié au radon.
En résumé, la mesure de la concentration de radon dans chaque maison et l’application des recommandations officielles sont des étapes essentielles pour protéger la santé de votre famille et assurer la sécurité de votre environnement intérieur.
Comment réduire les risques : prévention et solutions efficaces
Bonne nouvelle : même si les effets du radon sur la santé sont sérieux, il existe des solutions fiables.
1️⃣ Tester la concentration
La première étape est simple : faire un test de radon.
Les tests à long terme (3 à 12 mois) sont les plus précis.
2️⃣ Réduire la concentration si elle dépasse 200 Bq/m³
Les solutions possibles incluent :
sceller les fissures et joints de la dalle,
améliorer la ventilation,
installer un système de dépressurisation du sol, la méthode la plus efficace (réduction de 80 à 95 %).
3️⃣ Surveiller régulièrement
Même après une atténuation, il est recommandé de :
vérifier le système annuellement,
refaire un test tous les 2 à 3 ans.
Conclusion : prévenir le radon, c’est protéger sa santé
Le radon est un gaz naturel, mais cela ne signifie pas qu’il est sans danger.
Invisible et sans symptômes immédiats, il peut provoquer des effets graves à long terme, principalement le cancer du poumon, et représente un enjeu réel pour les familles québécoises.
La prévention est simple :
tester,
comprendre les résultats,
agir si nécessaire.
Un simple test de radon peut littéralement sauver des vies.
Protégez votre maison, protégez votre famille — l’air que vous respirez en dépend.